🥺 Oh ! Vous partez déjà ... ?

Entrez dans la communauté des Bombolitas et Bombolitos !

Laissez-nous votre e-mail et vous serez tenu.e au courant de toutes les actus Bombo
(sans spams diaboliques, promis)

Non merci !
Quand on a décidé de créer Bombo, on voulait une marque qui puisse transmettre notre vision du féminisme, centrée sur l’intimité de la femme. D’où les petites culottes. Mais on voulait aussi que ce soit un peu plus que ça. Que notre nom et notre univers s’inspirent de quelque chose de fort, de différent, d’intriguant. Alors rapidement, on a pensé aux sorcières, à tout ce qu’elles incarnent et à leur rôle dans l’Histoire tourmentée de la femme. Ça ne vous parle pas du tout ? Posez-vous, on vous explique 🤓

D’abord, un peu d’histoire.

Entre le XVe et le XVIIe siècle, se déroule ce qu’on appelle “la chasse aux sorcières”. Si elle est principalement initiée par les hautes sphères chrétiennes, c’est bien toute la société qui finit par s’en emparer. 
 
Après avoir persécuté les hérétiques, les lépreux ou encore les juifs, la chrétienté cherche son nouveau bouc émissaire. Parce que le monde va mal. Et si le monde va mal, il y a forcément un coupable. Alors on se met à lorgner du côté de ceux qui pratiquent la magie, concoctent des remèdes médicinaux, jettent des sorts. Rapidement, ils sont identifiés comme une secte de weirdos qui complotent contre la société chrétienne à l’aide du diable 😈 
 
La population est invitée à dénoncer ces traitres. Tous les prétextes sont bons : une maladie soudaine, le bétail qui va pas fort, l’agriculture en baisse de régime… Bref, tout le monde dénonce tout le monde, les suspects avouent de fausses accusations sous la torture et l’ambiance est plutôt pourrie.
 

Certes. Mais quel rapport avec le féminisme ?

Sur l’ensemble des procès de sorcellerie, on estime que pour 10 personnes incriminées, 7 à 8 sont des femmes. Damn 😲
Cette tendance misogyne est menée par certains penseurs religieux très en forme, qui mettent en place une logique vraiment implacable : la femme est la descendante d’Ève, c’est à dire de celle qui a cédé la première face à la tentation et qui aurait entrainé l’homme innocent dans cette sale histoire d’arbre fruitier. La femme est à l’origine du péché originel.

Elle est donc plus faible dans sa foi, plus influençable, plus facilement tentée par les vices, et donc une alliée idéale pour le diable. CQFD 🧐
 
Henri Institoris et Jacob Sprenger, bien d’accord avec cette vision de la femme, rédigent en 1486 le Malleus Maleficarium ou Le Marteau des Sorcières en français. Pour eux, la source du problème est une affaire de sexualité féminine hors de contrôle. Les sorcières sont des femmes dévergondées. Elles couchent avec le diable, seul capable d’assouvir leurs désirs lors des sabbats, ces réunions nocturnes comparées à de grandes orgies sexuelles où elles se rendent en volant sur leurs balais. Tout va bien.
 
👉 Pour bien comprendre leur mindset, comme diraient les infopreneurs, voici un extrait de choix :
 
“Toutes les choses [de sorcellerie] proviennent de la passion charnelle, qui est en [ces femmes] insatiable [...]. D’où pour satisfaire leur passion elles folâtrent avec les démons. On pourrait en dire davantage, mais pour qui est intelligent, il apparaît assez qu’il n’y a rien d’étonnant à ce que parmi les sorciers il y ait plus de femmes que d’hommes. Et en conséquence on appelle cette hérésie non des sorciers mais des sorcières, car le nom se prend au plus important. Béni soit le Très-Haut qui jusqu’à présent préserve le sexe mâle d’un pareil fléau.”
 
Blessed be the fruit. May the lord open.*
 
Le Malleus Maleficarium va beaucoup inspirer les chasseurs de sorcières et même inspirer d’autres ouvrages. Ainsi, il participe à la délimitation très restreinte du rôle de la femme à cette époque. 
Celles qui cherchent à maîtriser leur corps, connaitre leur sexualité, s’affranchir des lois patriarcales sont évidemment hors limites. Veuves, vieilles femmes, célibataires, libertines… toutes sorcières
 
Or, ce sont précisément ces femmes-là qui vont plus tard attirer l’attention de certaines et certains féministes, pour qui la chasse aux sorcières évoque toute la misogynie, la domination masculine et patriarcale de l’époque qui ont fini par déteindre sur les siècles suivants. Plus précisément, la sorcière est alors perçue comme une femme en décalage avec le rôle social qu’on lui impose, une femme libre et indépendante 💪🏻
 

Quand les féministes s'inspirent des sorcières

Pour mieux se rendre compte de quelle manière la figure de la sorcière a inspiré les féministes d’hier et d’aujourd’hui, on voudrait vous raconter quelques exemples.
À la fin des années 60, un groupe de féministes activistes fondent la W.I.T.C.H. (Women’s International Terrorist Conspiracy from Hell). Elles interviennent notamment lors de certains événements pour se révolter contre le patriarcat, le capitalisme, les inégalités sociales ✊ 
 
Les sorcières ont toujours été des femmes qui osaient être excitantes, courageuses, agressives, intelligentes, non conformistes, curieuses, indépendantes, libérées sexuellement, révolutionnaires.
- Extrait du manifeste W.I.T.C.H.
 
Dans les années 70, l’artiste féministe Doris Stauffer s’inspire de ce manifeste alors qu’elle donne des “cours de sorcières” dans son école d’art en Suisse. Il ne s’agit pas de cours pour apprendre la sorcellerie, mais pour sensibiliser les femmes à leur situation sociale et à l’influence du patriarcat sur leur liberté 🤓
 
Le mouvement W.I.T.C.H est ensuite ressuscité en 2016 par un groupe de féministes qui manifestent contre l’élection de Donald Trump, et inspire notamment le collectif féministe militant Witch Bloc Paris.
 
Un autre exemple. En 1975, Xavière Gauthier, écrivaine, journaliste et grande figure féministe, crée la revue littéraire Sorcières. L’idée est de créer un espace d’expression et de libération de la parole des femmes, notamment à travers des textes et créations graphiques. Dans son édito, Xavière Gauthier explique pourquoi elle a choisi de s’inspirer des sorcières. Voici deux de nos passages préférés :
 
“Pourquoi Sorcières ? Parce qu’elles jouissent. On a voulu nous faire croire que les femmes étaient frigides, pures, chastes. C’est seulement parce qu’on voulait les forcer à jouir droit, selon le modèle masculin, dans les limites masculines, en terme de conquête, de possession. En réalité elles éclatent, leur corps entier est désir, leurs gestes sont caresses, leur odorat, leur goût, leur écoute sont sensuels.”
 
“Tremblement de terre, éruption volcanique, raz de marée, la jouissance de la femme fait peur. Elle inquiète et on la mystifie. On en fait un mystère. On a dit que les sorcières détenaient un pouvoir magique. En fait, il était sexuel.”
 
Aujourd’hui, la sorcière continue d’inspirer plus d’une féministe. On pense notamment à l’écrivaine et journaliste Mona Chollet et à son livre Sorcières, la puissance invaincue des femmes. Elle part de la chasse aux sorcières et de l’écho misogyne de celle-ci pour analyser le rôle social de la femme contemporaine. Elle s’intéresse notamment aux profils de femmes qui, même en 2019, génèrent encore de l’incompréhension, des jugements ou des mauvais regards : les femmes matures célibataires et sans enfants, les femmes qui ne veulent pas d’enfants, les vieilles femmes…
 
Au quotidien, les sorcières investissent aussi Instagram. On les retrouve beaucoup derrière le hashtag #witchesofinstagram et sur des comptes comme @gangofwitches ou @witchessociety. Elles inspirent aussi la très cool marque @daughtersofwitches, qui crée des vêtements et accessoires plutôt chouettes.
 
Nous ne sommes donc pas les premières à s’inspirer des sorcières. Et c’est tant mieux. À notre façon, nous voulons nous aussi leur rendre hommage et continuer de transmettre cette partie de l’histoire de la femme, encore trop peu connue. Les sorcières sont donc une grande source d’inspiration pour notre univers de marque et les illustrations de nos petites culottes. D’ailleurs, notre nom lui-même leur fait directement écho : femme à trois têtes, la déesse des sorcières Hécate se faisait aussi appeler Bombo la Triple ! Nous sommes trois. Coïncidence ? 😁
 
👉 Nos sources et textes à lire
 
• Textes de l'exposition Doris Stauffer - Je peux faire disparaitre un lion • Édito de Xavière Gauthier de la revue Sorcières
 
 
* Expression tirée de la série The Handmaid's Tale (La Servante Écarlate). Il s'agit d'une sorte de formule de politesse imposée par le gouvernement totalitaire et misogyne en place.